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Apprendre à fendre du bois


Raymond (offreur)

"Apprendre à fendre du bois", tel était l'intitulé de l'offre d'échange de savoir que j'avais transmise au Réseau.
Jean-Jacques ayant justement à transformer en bûches un chêne abattu sur son terrain, mais ni outil, ni expérience en la matière, la mise en relation fut faîte.
J'ai donc eu le plaisir de ressortir mes outils, un peu rouillés il est vrai, mais encore utilisables, et de retrouver les gestes et les manières de faire appris il y a déjà bien longtemps, quand j'étais ouvrier. agricole en Normandie.
Observer la bille de bois avant de décider comment l'attaquer, suivre l'évolution de la fente pour choisir de continuer à frapper sur le même coin, d'en engager un autre ou de reprendre ailleurs ....
Même si ce n'est pas de la haute stratégie, mieux vaut avoir acquis quelques principes pour éviter certains ennuis!
Après environ une heure d'explication démonstration, les outils avaient résolument changé de mains.
La suite a montré que l'échange de savoir avait été profitable puisque l'arbre entier s'est retrouvé en bûches prêtes à alimenter la cheminée.
Avec, je le crois, pour Jean-Jacques la satisfaction d'avoir mené à bien et sans trop de difficultés un travail qui devait lui paraître de prime abord peu aisé.
C'est un échange "basique" comme il y en a souvent entre voisins ou amis qui a été rendu plus facile par le Réseau puisque aussi bien l'offre que la demande étaient précisées et qu'ainsi était évacuée la crainte d'importuner.
            Raymond

Jean-Jacques (demandeur)

Deux  chênes  dans un  exigu  jardin  de  Malartic  c'était  trop,  nous  avons décidé  d'en
abattre un.
Nous avons fait appel à un élagueur  mais l'entreprise ne prévoyait pas de débiter  l'arbre.
Que fallait-il faire?
C'est là que Raymond, bûcheron dans son enfance, m'a proposé par l'intermédiaire du Réseau de m'initier à un travail que je ne connaissais qu'au travers de clichés.
Il est venu, armé d'un outillage impressionnant, m'expliquer comment s'y prendre pour transformer le chêne en bûches prêtes à flamber dans la cheminée un soir d'hiver.
Admiratif devant sa maîtrise, impressionné par son métier, en quelques minutes j'ai pris possession de la masse, de la hache et des coins pour fendre et éclater un bois vert.
Mes premiers coups furent couronnés de succès, il est vrai que Raymond m'encourageait du regard, de la voix et de ses remarques pertinentes.
Puis il partit, me laissant seul face au chêne.
Deux heures d'efforts physiques intenses eurent raison de ma volonté.
J'ai donc décidé d'étaler mon travail pour m'économiser certes, mais aussi pour ne pas m'épuiser inutilement.
Dans les jours qui suivirent, j'aperçus Raymond, qui suivait l'évolution de mon travail! au hasard de ses ballades dans le bois de Mandavit.
Aujourd'hui, je dois à la fois savourer la réussite d'un travail manuel mené à terme et réussi, moi "l'intellectuel" rebuté et en échec devant tout bricolage!
Outre le fait que cet échange de savoir m'a permis d'apprécier la méthode initiée, je pense avoir vaincu des années d'échec ou de demi succès dans mes expériences manuelles passées.
Le concept même "Réseau d'échange réciproque de savoirs" m'avait séduit mais au delà de la philosophie prônée, j'imaginais mal comment cela pouvait se traduire concrètement.
J'en suis encore plus convaincu.
Merci au chêne... et à Raymond.
            Jean -Jacques