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Effets sur la santé des ondes des téléphones portables et sans fil, des systèmes wifi

(connexion sans fil à internet) et des antennes-relais de téléphonie mobile, c'est le thème qui a réuni une trentaine de personnes le vendredi 5 juin 2009 à la MJC de Malartic, à l'initiative de l'association Mieux Vivre à Malartic et du RERS (réseau local d'échange réciproques de savoirs).
Après la projection du documentaire de Joaquina Ferreira " SOMMES-NOUS TOUS DES COBAYES ? ".
C'est Daniel Oberhausen, physicien, consultant de PRIARTEMà, qui a permis à toutes et tous d'approfondir certains aspects techniques, puis a répondu aux nombreuses questions.
Voici un bref aperçu des points qui ont été abordés.
ETAT DES LIEUX Partout la téléphonie mobile explose.
Avec 50 millions de téléphones portables, la France compte presque un appareil par habitant, et des dizaines de milliers d'antennes-relais transmettent les appels sur presque tout le territoire national.
LES ACCUSATIONS Ce déploiement s'accompagne de protestations.
Un peu partout, en France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne, des résistances s'expriment. De simples citoyens, des parents d'élèves en particulier, dénoncent la présence d'antennes sur ou à proximité d'écoles, s'alarment de la multiplication suspecte de cas de cancer chez les enfants. On évoque aussi, en vrac et tous types et âges de personnes confondus, maux de tête, insomnies, vertiges et chûtes, irritabilité, problèmes thyroïdiens, lupus, cancer baso-cellulaire, leucémie… En France, en 2007, les employés de plusieurs bibliothèques se plaignent de malaises après l'installation de bornes wifi. Dans de nombreux pays on observe une augmentation parallèle des ventes de téléphones portables et de celles de somnifères… Certaines personnes (dites électro-sensibles) assurent ne pas pouvoir supporter les rayonnements émis par tous ces appareils et se protègent de leur mieux (écrans, revêtements et vêtements spéciaux, etc.) tandis que d'autres ont fui les villes, ne trouvant qu'à grand peine de havres épargnés par les ondes (zones blanches). Des scientifiques réagissent.
L'Appel de Fribourg, publié en 2002 par 1.200 médecins allemands, alerte les pouvoirs publics, les autorités sanitaires et le grand public sur l'essor de certaines maladies graves et chroniques, établissant un lien avec les différentes ondes radios (antennes de téléphonie mobile, usage de téléphones mobiles ou sans fil, etc).

LA DEFENSE Les opérateurs de téléphonie mobile et leur porte-parole, l'AFOM, se veulent rassurants.
Ils nient absolument l'existence de risques sanitaires, assurent que les protestataires sont en réalité inquiets de la dévaluation de leurs biens immobiliers ou préoccupés par la laideur des antennes, quand ils n'évoquent pas franchement leur " faiblesse psychologique " !
Une autre façon de discréditer les usagers réticents consiste à raconter tel cas d'installation d'antenne dont les riverains se sont plaints avant même son entrée en service !
(De leur côté, des experts indépendants racontent comment la puissance d'antennes se trouve soudain opportunément réduite au moment prévu pour leur visite de contrôle.).
Un autre stratagème consiste, lorsqu'une étude indépendante met en cause les antennes ou la téléphonie mobile, à en commanditer une autre.
Mais au lieu de reproduire les mêmes conditions d'étude (le protocole), des paramètres sont modifiés (durée inférieure au délai nécessaire pour l'apparition des symptômes incriminés, puissance, distance, etc.).
Les résultats ainsi obtenus ne permettent bien sûr pas de confirmer les accusations, voire les contredisent, et le tour est joué !
Quant aux rapports officiels, leur rédaction est en général confiée à une poignée d'experts peu critiques à l'égard de ces technologies (les mêmes noms reviennent souvent), tandis que les scientifiques remettant en cause l'innocuité de ces technologies voient leurs crédits de recherche amputés, sont l'objet de dénigrement, voire mis d'office à la retraite…

POURTANT…
Il y a pourtant bien anguille sous roche puisque des compagnies d'assurance refusent d'assurer les opérateurs, excluant les dommages de toute nature causés par les champs et ondes électromagnétiques, de la même manière qu'elles excluent les risques liés à l'amiante, au plomb, aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)…
Les tribunaux, amenés à se prononcer dans certains litiges, rendent des jugements qui apportent de l'eau au moulin des lanceurs d'alerte et des inquiets. A Aix-en-Provence, Angers, Bordeaux, Carpentras, Nanterre ou Versailles, différents tribunaux, invoquant les notions de trouble de voisinage (visuel ou sanitaire) ou le principe de précaution, donnent raison à des plaignants inquiets (pour plus d'information voir le site de PRIARTéM, rubrique Thèmes/Actions judiciaires).
De leur côté, des députés déposent des projets de loi pour protéger les riverains d'antennes-relais.
S'il est exact que les ondes qui envahissent depuis plus d'une décennie nos villes et nos campagnes existent dans la nature, c'est à des doses des milliards de fois plus réduites que celles que nous connaissons aujourd'hui ; la pollution électromagnétique actuelle est donc un changement majeur dans l'environnement des êtres humains et, plus largement, de la vie sous toutes ses formes.
à PRIARTEM, Pour une règlementation sur l'implantation des antennes-relais de téléphonie mobile.
Cette association, créée en 2000, fédère les associations locales, conseille maires et particuliers, suit l'évolution des recherches.
En tout état de cause, quoiqu'inégal, le débat scientifique continue.
On peut s'interroger sur l'énorme variation des normes de puissance des antennes-relais d'un pays à l'autre : 41 v/m en France contre 0,6 v/m en Autriche… Pour notre expert invité, la " limite " française est une aberration, un peu, dit-il, comme si on limitait à 400 km/h la vitesse de circulation en agglomération :
on est sûr qu'il n'y aura jamais d'infractions, mais ce n'est pas forcément la meilleure façon de réduire la casse !
Pourquoi une telle fuite en avant ? Pour aller le plus vite possible et vendre le plus possible d'appareils et de temps de communication sur ces réseaux… A terme, les opérateurs viseraient une utilisation quasi-exclusive des technologies, l'installation d'antennes revenant moins cher que celle de lignes.

EN CONCLUSION
Le " progrès " est comme un couteau de cuisine, il n'est ni bon, ni mauvais, tout dépend de l'usage qu'on en fait.
Les technologies de communication mobiles nous rendent au quotidien des services toujours plus nombreux et sont appelées à rester.
Elles suscitent des inquiétudes fondées de la part de certains usagers et de nombreux scientifiques.
Or les opérateurs et les pouvoirs publics ont souvent tenté de ridiculiser les uns et de réduire les autres au silence.
Dans un tel contexte, les usagers ont tout intérêt à être très attentifs et à prendre quelques précautions simples (voir ci-dessous).
Véronique Viala

QUELQUES IDEES POUR REDUIRE SON EXPOSITION AUX CHAMPS ELECTROMAGNETIQUES
Lors de l'acquisition d'un téléphone portable, rechercher celui dont le débit d'absorption spécifique (DAS, SAR en anglais, exprimé en W/kg) est le plus faible (voir le classement du site guerir.fr d'août 2009 :
http://www.guerir.fr/dossiers/pollutions/cancer-telephone-portable/appel
-precaution-utilisation-telephones-portables/liste-des-das-des-principaux-telephones-portables/).
Préférer les communications filaires chaque fois que cela est possible.
Limiter le plus possible le temps de communication sans fil et utiliser une oreillette.
Ne pas laisser un téléphone allumé sur sa table de nuit ou dans la poussette d'un bébé : même en veille, il émet et reçoit périodiquement des signaux de l'antenne la plus proche, ou, pire encore, la " cherche " en vain ; éviter de garder les appareils (y compris l'ordinateur portable en mode wifi) dans sa poche ou près du corps et proscrire leur utilisation par les tout-petits.
Eviter les appels depuis une voiture ou un train car les ondes rebondissent contre la carrosserie (effet Faraday) et " bombardent " encore plus les passagers qu'en plein air ou dans un bâtiment ; en outre, lorsqu'on se déplace, l'appareil émet en permanence de manière accrue, à la recherche de l'antenne la plus proche.
Désactiver le mode wifi de l'ordinateur quand on ne s'en sert pas, éviter les téléphones sans fil (appareils DECT ; ils émettent aussi en permanence pour garder le contact avec leur base)…

QUELQUES SOURCES POUR EN SAVOIR PLUS :
PRIARTEM, Pour une règlementation des implantations d'antennes-relais 01.42.47.81.54 www.priartem.fr
Robin des toits, Association nationale pour la sécurité sanitaire des technologies sans fil 01.43.55.96.08 www.robindestoits.org
AFOM, Association Française des Opérateurs Mobiles 01.56.88.60.00 www.afom.fr
CRIIREM, Centre de Recherche et d'Information Indépendantes
sur les Rayonnements électromagnétiques 02.43.21.18.69 www.criirem.org
Agir pour l'environnement 01.40.31.02.37 www.agirpourlenvironnement.org
Appel de Fribourg www.esmog-augsburg.de/info-aktuell-freiburger-app.htm#FRA



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